Symptômes nerveux divers.

Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700) 

      Le diagnostic exact des maladies donnant des symptômes nerveux chez le pigeon voyageur est difficile à obtenir par manque de consultation lorsque ceux-ci apparaissent.
En effet, la maladie de Newcastle qui donne des symptômes nerveux étant une maladie contagieuse eu égard à la loi, ceci incite le colombophile à cacher ces symptômes de peur de se retrouver mis en quarantaine et de voir son élevage abattu.
    Cet article a pour but de vous montrer qu’il n’y a pas que la paramyxovirose qui donne des symptômes nerveux et de vous faire découvrir une nouvelle maladie qui a fait l’objet d’une publication dans une revue scientifique vétérinaire en Avril 2009.
Je vais vous citer brièvement les toxiques convulsivants qui donnent des symptômes nerveux pour me concentrer sur les maladies infectieuses.

Les différents types:


 Les toxiques pouvant donner des symptômes nerveux les plus souvent rencontrés se trouvent dans la famille des insecticides ( les pyrèthres à forte dose et notamment la permethrine utilisée en antiparasitaire externe à trop forte dose , les organochlorés et organophosphorés utilisés abondamment en agriculture ) , les molluscides et raticides ( strychnine utilisée comme anti-limaces et raticide , crimidine utilisée comme souricide et raticide, métaldéhyde utilisée comme molluscide et combustible allume- barbecue) , les médicaments et notamment le Dimetridazole anti-trichomonas lorsqu’il est utilisé à dose trop importante et les végétaux ( les feuilles et baies rouges d’ifs, le houx , le tuya , certaines espèces de vesces …).

    Trois principales maladies donnent des symptômes nerveux chez le pigeon voyageur , les deux premières vous sont bien connues , ce sont la paramyxovirose ou maladie de Newcastle et le paratyphose , la troisième est une «  nouvelle » , je prendrai la liberté avant qu’elle reçoive un nom officiel de l’appeler la « sarcocystose ».

La paramyxovirose:

La paramyxovirose est due à un paramyxovirus ( PMV1) issu d’une mutation d’un paramyxovirus du poulet. Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et largement répandu dans la faune sauvage.
La contagiosité est très importante, la transmission se faisant par des « poussières virulentes ».
 Il existe différentes « souches » du virus classées selon leur pathogénicité, on distinguera des souches « très méchantes » appelées vélogènes , des souches « moins méchantes » appelées mésogènes et des souches «  gentilles » mais attention qui peuvent parfois devenir méchantes , on les appellera lentogènes. Ces souches lentogènes sont à la base de l’élaboration de certains vaccins. 
L’incubation dure de 4 jours à 4 semaines et les symptômes passent par une brève atteinte des voies respiratoires supérieures suivie par une diarrhée très liquide résistant aux divers traitements pour terminer par des symptômes nerveux ( torticolis, convulsions, paralysie des ailes , des pattes , troubles de la vue) .
Ceci est la symptomatologie classique, tous les symptômes ne sont pas toujours présents, certaines colonies présentent uniquement de la diarrhée sans symptômes nerveux, la phase diarrhéique est parfois très brève et l’apparition des symptômes nerveux très rapide , tous les pigeons ne sont pas nécessairement atteints de symptômes nerveux .
Le virus peut tuer les pigeons directement mais c’est le plus souvent les agents compliquants qui sont responsables de la mortalité .La phase diarrhéique est la plus critique car elle provoque une déshydratation importante du pigeon et est souvent compliquée par la bactérie E.Coli qui se multiplie et provoque la mort.

    Certains pigeons qui ont résisté à la maladie présentent une diarrhée constante toute leur vie , ceci serait dû à une nécrose des cellules du pancréas endocrine provoquée par le virus et cette diarrhée serait donc un phénomène de mal digestion – malabsorption .Le pigeon présentant des symptômes nerveux est souvent dans l’incapacité de se nourrir, il est donc nécessaire de le gaver pour qu’il puisse résister à la maladie.
Il est maintenant acquis qu’un pigeon qui a résisté 6 semaines depuis l’apparition des premiers symptômes peut être considéré comme guéri.

    La vaccination est obligatoire. Il est important d’utiliser un vaccin qui a une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) pour le pigeon de concours, en effet ces vaccins sont élaborés spécifiquement pour les pigeons voyageurs afin de minimiser les effets secondaires et de potentialiser la durée de protection.
Les essais cliniques lors de l’élaboration du vaccin Colombovac PMV par le Professeur H Vindevogel et Ing JP Duchatel montraient qu’une seule injection en primo-vaccination protégeait le pigeon pendant 1 an.
Bien qu’il apparaisse que le virus aurait très peu muté ou en tout cas de manière non significative pour empêcher la protection vaccinale (G.Meulemans, TP Van Den Berg), certains jeunes pigeons vaccinés une seule fois en primo-vaccination présentent des symptômes de la maladie, ceci serait peut-être dû à une immuno-dépression causée par le circovirus. J’ai donc l’habitude de conseiller aux colombophiles de ma clientèle de vacciner deux fois à 3 semaines – 1 mois d’intervalle les pigeons lors de leur primo-vaccination.
Seuls deux vaccins ont une Autorisation de Mise sur le Marché en France pour le pigeon voyageur, il s’agit du Colombovac PMV des laboratoires Fort Dodge et du Nobilis Paramyxo P 201 des laboratoires Intervet. Il n’y a pas de différence entre ces deux vaccins au niveau de la protection vaccinale (l’immunité conférée est de 1 an), la seule différence résidant dans l’excipient aqueux pour le Colombovac PMV et huileux pour le Nobilis Paramyxo P201.
 

La paratyphose:
 


La Paratyphose du pigeon voyageur est due à une bactérie, Salmonella Typhymurium variété Copenhague. Ce germe est très résistant dans le milieu extérieur, il peut survivre 28 mois dans les fientes de volailles infectées et 9 mois dans la terre du jardin.
Cette bactérie est par contre sensible à la plupart des désinfectants.
 

La transmission se fait donc essentiellement par les fientes soit directement par les fientes d’un sujet malade ou porteur sain soit par tout ce qui a pu toucher les fientes , objets souillés , mouches , tiques , rats , souris etc.… 
Ces salmonelles ont un tropisme pour les organes sexuels ; il peut donc y avoir une transmission du germe directement dans l’œuf dans l’utérus ou à travers la coquille une fois que l’œuf est pondu (salmonelles venant des fientes ou de l’utérus).

    Les symptômes varient selon l’âge et l’état immunitaire du pigeon et vont d’une septicémie avec mortalité brutale chez l’embryon et le jeune de quelques jours à une diarrhée aqueuse verdâtre avec déshydratation et mortalité chez le sujet un peu plus âgé.
Les vieux présentent généralement des symptômes chroniques par atteinte des organes sexuels entraînant une stérilité par toujours complète et des articulations provoquant boiteries et mal d’aile. 
Ils peuvent aussi présenter des symptômes nerveux dus selon Vindevogel et Duchatel à des abcès au niveau de l’oreille interne.
Ceci n’empêche pas une multiplication des salmonelles et une mortalité par septicémie se produisant le plus souvent lorsque les besoins sont accrus en mue , lors du gavage ou après un concours difficile.
En effet, un pigeon apparemment cliniquement guéri peut devenir porteur sain.
Avec l’hygiène et les soins actuellement apportés à nos pigeons, la paratyphose bien qu’existante dans la colonie s’exprime de manière quasi asymptomatique et l’on ne constate chez les vieux que des baisses de performances ou parfois quelques sujets présentant stérilité, boiteries, mal d’aile, œufs clairs ou noirs, difficultés de ponte, rétention d’œufs …
La présence d’un seul de ces symptômes doit inquiéter le colombophile qui consultera alors son vétérinaire.

    Les fluoroquinolones donnent de bons résultats dans le traitement mais ne protègent pas à long terme un pigeon en contact constant avec la maladie.
Deux solutions se présentent donc , soit traiter souvent ce qui veut dire utiliser des fluoroquinolones régulièrement dans un élevage avec les conséquences sur la flore intestinale et les risques de provoquer des résistances ( voir la maladie due à Streptococcus Bovis dans articles précédents) soit vacciner .

    Le seul vaccin actuellement disponible avec Autorisation de Mise sur le Marché en France est le Colombovac Paratyphus. Attention, ce vaccin ne protège que contre la paratyphose et ne protège pas contre la paramyxovirose.
C’est un vaccin contenant une souche de salmonelle tuée. Une salmonelle tuée seule provoque peu de réaction immunitaire, le laboratoire a donc été obligé d’ajouter à son vaccin un gros excipient destiné à appeler les cellules inflammatoires au site d’injection .Cet excipient fatigue le pigeon. Il est donc conseillé de ne pas vacciner en période de concours. L’immunité conférée est de 6 mois. En pratique , en clientèle , je fais vacciner contre la paratyphose en novembre , une fois que l’essentiel de la mue est passé et en mars , ce qui ménage un peu de temps de récupération avant la période des concours.

Sarcocystose ?:
 





Une nouvelle maladie avec symptômes nerveux a été décrite par des scientifiques allemands.
Ceux-ci ont examiné 47 pigeons présentant une encéphalite et myosite létales issus de trois élevages présentant au total 244 pigeons.
Les pigeons présentaient diarrhée, torticolis, paralysie et tremblements.
Les recherches de salmonelles et de paramyxovirus se sont révélées négatives, par contre l’examen histopathologique de coupes d’organes de 13 pigeons a révélé la présence d’une méningo encephalite granulomateuse et nécrosante et d’une myosite avec présence de kystes à sarcosporidies. Des kystes ont également été identifiés dans le cœur et les muscles squelettiques.

    Le sarcocystis est un parasite protozoaire caractérisé par la nécessité de 2 hôtes pour élaborer son cycle ; un hôte intermédiaire chez lequel il réalise un cycle dans les muscles et éventuellement dans le système nerveux (on parlera de sarcosporidiose musculaire et nerveuse) et un hôte définitif où il va terminer son cycle et former des ookystes sporulés infestants. Il existe de très nombreuses espèces de sarcocystes exprimées souvent en binômes associant les noms des hôtes intermédiaires et des hôtes définitifs.
Par Ex Sarcocystis Bovihominis (Hôte intermédiaire : le bœuf ; hôte définitif : l’homme) – S Equicanis (Hôte intermédiaire : le cheval ; hôte définitif : le chien.)





























En ce qui concerne la maladie qui nous intéresse , il a été décrit une sarcosporidiose chez le pigeon domestique à Sarcocystis Falcatula ayant comme hôte intermédiaire le pigeon et d’autre espèces d’oiseaux d’Amérique du Nord mais étant asymptomatique et ayant comme hôte définitif l’opossum de Virginie.
Après analyse génétique par PCR, il s’est révélé que le sarcocystis découvert en Allemagne chez les pigeons de concours n’était pas S. Falculata mais bien une nouvelle espèce de sarcocystis dont, à ma connaissance, l’hôte définitif (qui ne pourrait être qu’un carnivore ou omnivore proche de ces pigeonniers) n’a pas encore été identifié.


Conclusion:

En conclusion, symptômes nerveux ne veut pas nécessairement dire paramyxovirose .
Si tous les pigeons voyageurs (cela veut dire les voyageurs, les reproducteurs et les jeunes deux fois) étaient vaccinés de manière valable (avec des vaccins pour pigeons voyageurs) tous les ans, on n’aurait pas besoin de rechercher le paramyxovirus lors de symptômes nerveux.
Il est beaucoup plus simple de faire une bactériologie pour une recherche de Salmonelles ou éventuellement une histologie pour Sarcocystis.
Une nouvelle maladie grave a été découverte en Allemagne chez le pigeon voyageur, nous espérons qu’elle ne va pas se propager et attendons les résultats de recherches complémentaires.
La bonne nouvelle est que pour pouvoir découvrir la cause de telles maladies, il faut un comité scientifique avec des chercheurs de haut niveau, du matériel et des budgets, cela est donc possible même dans la petite activité qu’est la colombophilie. 
Bravo aux pays colombophiles qui investissent ainsi dans la recherche.

      

Elevage facile

                     
                                                                                              


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

       Le sport colombophile est basé sur la sélection de manière à obtenir les pigeons les plus rapides et les plus performants. Pour essayer d'atteindre ce but et ainsi améliorer les performances, la génétique ne suffit pas, il y a aussi la mise en parfaite santé des géniteurs, gage de l'obtention de jeunes vigoureux. 
Dans cet article, je vais vous donner une méthode que j'emploie couramment en clientèle de manière à prévoir les problèmes qui peuvent survenir lors de l'élevage et vous parler d'une pathologie qui a bouleversé la préparation de l'élevage : la circovirose. 
 

Recommandations avant les accouplements

 
  
 Un contrôle de santé est recommandé après les exigences de la mue comportant au minimum une analyse de fientes où l'on trouve fréquemment à cette période des coccidies et des vers et un frottis de jabot. 
 Je recommande cette période pour vacciner contre la paratyphose de manière à donner le maximum d'anticorps aux pigeonneaux. Selon l'état de la colonie et la présence de bacteries ou de mal d'aile pendant la saison ou pendant la mue, un traitement sera nécessaire avant de vacciner. 
 Une vitaminothérapie stimulante de la libido surtout chez les vieux sujets, augmentant la fécondité est souvent prescrite avant les accouplements. 
 Un supplément en minéraux permettra une bonne solidité de la coquille, une moindre sollicitation des réserves et une bonne formation osseuse du jeune. 
Si de la paramyxovirose est présente dans la région, une vaccination avant la couvaison pourra permettre la transmission d'un maximum d'anticorps aux jeunes dans la coquille.
Contrôler la présence de parasites externes et les éliminer si nécessaire. 
 

 A la couvaison 

 

 Le début de la couvaison est une période calme où je recommande de réaliser un traitement préventif contre la trichomonose de manière à ce que la maladie ne soit pas transmise lors du gavage. 
Si cela n'a pas déjà été réalisé ce moment est aussi propice à la vaccination contre la paramyxovirose avec un vaccin n'affaiblissant pas le pigeon. Une analyse de fientes de routine est utile pour détecter coccidies et vers. 
 Il faut veiller à la propreté et l'hygiène du pigeonnier et des œufs pour favoriser les échanges gazeux entre l'intérieur de l'œuf et un milieu ambiant sain et bien aéré. 
A la fin de la couvaison, sous l'influence de la prolactine, commence la formation du lait de jabot, aliment riche par excellence pour le pigeonneau mais dont la qualité varie selon l'état de santé des parents. Une alimentation appropriée venant couvrir les besoins de l'élevage sera déjà distribuée en fin de couvaison. 
 

"La naissance" et l'élevage

 

 Au bout de 18 jours de couvaison, le pigeonneau découpe sa coquille (parfois il faut l'aider), sort de l'œuf et résorbe le reste du jaune (celui-ci lui apporte des anticorps), il sera nourri par ses parents et leur riche lait de jabot lui permettra de multiplier par plus de 20 son poids en 20 jours. 
 On sèvrera ni trop tard, ni trop tôt, entre 23 et 25 jours et on devra parfois aider certains sujets qui ne se débrouillent pas bien. 
Dès le sevrage, il faut stimuler l'immunité avec des produits de qualité et veiller à un bon équilibre de la flore intestinale.
Donner une alimentation d'élevage de bonne qualité et ajouter un complexe vitamino-minéral pour assurer une bonne croissance

 

Pathologie du pigeonneau 

 

 La rétention d'œuf est parfois rencontrée surtout chez des femelles porteuses asymptomatiques de para typhose. Après la réalisation d'une radiographie, une césarienne sera réalisée et le vétérinaire contrôlera l'état de l'ovaire et de l'utérus en vue de diagnostiquer une paratyphose. 

Génération circovirose

 


 La circovirose est de plus en plus diagnostiquée dans nos colombiers. En 1998, les scientifiques parlaient de la pathologie colombophile de demain. Je crois que nous y sommes. Depuis la détection de cette maladie en 1997 en Belgique et les recherches qui ont été menées à l'Université de Liège par Ing Duchatel et ses collaborateurs, l'approche de l'élevage du pigeon a été profondément bouleversée et c'est pour cette raison que je vous indique d'appliquer une méthode aussi rigoureuse avant les accouplements et à la couvaison. En effet, le circovirus, tout petit virus, s'attaque à la bourse de Fabricius qui est un organe lymphoïde primaire situé au-dessus du cloaque qui évolue avec le temps et qui est responsable de la formation de l'immunité humorale (anticorps) du pigeonneau et donc du pigeon adulte. Un non-fonctionnement ou un mauvais fonctionnement de cet organe peut donner un pigeon plus ou moins immunodéprimé à vie..

 Les symptômes de la maladie sont très variables d'un sujet à l'autre, en effet quand la maladie est présente dans une colonie, certains jeunes vont présenter une anorexie, une diarrhée incoercible, des vomissements, un engorgement du jabot (" gave pleine d'eau "), d'autres un retard de croissance, d'autres rien du tout. Selon l'état sanitaire de la colonie, vont apparaître différentes maladies, on parlera d'infections secondaires, telles que paratyphose, paramyxovirose, coccidiose, ornithose, coryza, trichomonose simplement parce que le pigeonneau n'a pas les capacités de se défendre contre ces maladies. Les vaccinations seront moins efficaces.

 Le diagnostic difficile encore il y a quelques temps parce que nécessitant le recours à la microscopie électronique s'est fortement simplifié grâce à la recherche. Maintenant, un simple écouvillon du cloaque permettra de mettre en évidence le virus (test PCR).

 Le traitement de la maladie doit tenir compte du fait que l'on ne sait pas tuer le virus. Les sujets chétifs qui de plus disséminent le virus seront éliminés. Le respect d'une hygiène et d'une propreté maximales sera indispensable. Il faudra traiter une par une les infections secondaires et stimuler le mieux possible l'immunité défaillante, l'apport d'immunoglobulines peut apporter un soutien. L'interféron serait intéressant à essayer mais est encore à un prix trop élevé pour soigner une colonie et serait uniquement réservé à un traitement individuel. 

 La recherche n'a pas encore permis de mettre au point un vaccin mais un budget a été alloué à cet effet. Espoir ? 
La Paratyphose, la coccidiose, l'ornithose, le coryza, la trichomonose peuvent atteindre le pigeonneau. Ces sujets ont déjà été traités dans des articles précédents. 
 

Conclusion

 
 

 En résumé, un des rôles du vétérinaire spécialisé en colombophilie est d'informer le colombophile sur les nouvelles maladies et lui suggérer les moyens de les éviter ou de limiter les dégâts par la prévention. Certaines habitudes sont à changer pour s'adapter aux nouvelles maladies vers une colombophilie moderne. 


























































La maladie du jeune pigeon.


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

     Cet article sera un résumé de la conférence que j'ai donnée lors de notre congrès national 2007. Malgré l'heure matinale, toutes les chaises de la salle de conférence étaient occupées le 14 janvier dernier à Gravelines. J'avais décidé de vous parler de la Circovirose, devenue maladie n°1 du pigeonneau.

     Un débat très intéressant a suivi la présentation puisque le comité vétérinaire de la FCF était présent au complet. En effet, nos deux chercheurs Ing Jean-Pierre Duchatel et Dr Christophe Arnoult ainsi que les deux vétérinaires " sur le terrain " Bernard Lefebvre et moi-même ont pu chacun selon ses compétences répondre à vos questions.

 

  Système immunitaire
  du pigeon

 


     Pour comprendre cette maladie, il faut d'abord avoir quelques notions du système immunitaire du pigeon. Celui-ci est composé d'organes lymphoïdes primaires qui se développent pendant la vie embryonnaire et la période juvénile. Ce sont le thymus situé au niveau du cou et la bourse de Fabricius à la face supérieure du cloaque.

       Ces organes atteignent leur taille maximale chez le pigeonneau à l'âge de 3 mois puis disparaissent progressivement. Ils sont indispensables à la formation du système immunitaire de l'adulte. La bourse de Fabricius est le lieu de maturation des lymphocytes B et donc de la création de l'immunité humorale (immunoglobulines - anticorps). Le thymus est responsable de la création de l'immunité cellulaire (lymphocytes T).

     Les organes lymphoïdes secondaires sont colonisés par les cellules des organes lymphoïdes primaires. Il n'y a pas chez le pigeon de ganglions comme chez l'homme mais des " centres germinatifs locaux " situés entre autres dans la rate, intestins (amygdales caecales et plaques de Peyer), moelle osseuse (limité car os pneumatiques) et œil (glandes de Harder).

 

   Origine

 


       Le circovirus est un tout petit virus (20 nm) à génome court et à ADN circulaire simple brin. Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et peu sensible aux désinfectants chimiques. Différents circovirus atteignent les oiseaux et les mammifères.

      Le circovirus donnant la maladie du jeune pigeon est spécifique du pigeon (PiCV) et est proche du circovirus du canari (CaCV).

 

    Mode d'action

 

 

     Le circovirus s'attaque aux organes de défense de l'organisme (thymus et bourse de Fabricius) et provoque une immunosuppression.

     D'après une étude récente (Duchatel et al), dans un élevage ayant eu des problèmes de maladie du jeune pigeon, 65% des vieux en bonne santé étaient porteurs du virus. Le virus a été trouvé surtout dans la trachée et le pharynx mais aussi dans les intestins, le foie, la rate et les organes sexuels.

 

  Transmission

 


     Essentiellement par les fientes des pigeons porteurs (voie horizontale) mais aussi par voie verticale (circovirus dans les organes sexuels des adultes).

 

  Symptômes

 

 

     La maladie atteint surtout les pigeonneaux entre 4 et 12 semaines. On constate des vomissements, une gave " pleine d'eau ", de l'anorexie, de la diarrhée, de la dépression, des symptômes respiratoires.

       Il faut savoir que ces symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie, ne sont pas toujours tous présents et quand ils sont présents le sont à des degrés variables d'un pigeon à l'autre. Tout ceci dépend de l'intensité de l'atteinte virale et du type et de la quantité des infections secondaires.

     En effet, le circovirus provoquant une baisse d'immunité, le pigeon sera plus sensible aux différentes maladies (colibacilles, paratyphose, trichomonose, paramyxovirose, coryza, vers, ornithose, coccidiose, streptococcus bovis, etc..) car il ne pourra pas lutter par lui-même.

 

   Diagnostic

 

 

     Les symptômes sont peu spécifiques, le circovirus est très répandu. On pense que le circovirus ne pourrait pas seul provoquer une maladie, les symptômes seraient donc dus aux infections secondaires que l'on doit rechercher.
La présence de colibacilles est systématique.

       Il y a des infections secondaires que l'on peut trouver immédiatement lors de la consultation avec une analyse microscopique : la trichomonose, les vers, la coccidiose. L'ornithose peut être trouvée avec un test rapide. Il faut ensuite interroger le colombophile sur les antécédents pathologiques de la colonie - Paratyphose (vaccin ou pas ? Œufs clairs ? Mal d'aile ? Boiteries ?) Paramyxovirose (vaccin ou pas ? Quel vaccin ?)
Streptococcus bovis (Résultats au dessus de 200 kms ? crampes ? mortalités aiguës ?) Présence de problèmes respiratoires ? Utilisation de corticoïdes ?

     Ensuite viennent les examens de laboratoire avec la recherche de circovirus par PCR sur autopsie (préférable) ou sur échantillon cloacal et la recherche éventuelle du germe compliquant.

 

  Traitement

 

 

     Le circovirus ne peut être tué, on doit donner au pigeonneau les armes pour lutter par ses propres moyens si cela lui est encore possible.

       Toutes les infections secondaires doivent être traitées, l'immunité doit être stimulée et il faut éliminer tous les sujets qui restent chétifs malgré le traitement car ceux-ci excrètent de grosses quantités de virus et augmentent donc la pression virale dans le pigeonnier.

     Cela vaut-il la peine de traiter des pigeonneaux très atteints sachant qu'ils peuvent rester porteurs à l'âge adulte et excréter le virus à certains moments ?

 

   Prévention

 

 

     Le circovirus est très répandu et il est devenu très difficile de produire des pigeonneaux exempts. Une hygiène maximale, une colombophilie la plus naturelle possible, des contrôles plutôt que des traitements préventifs, des vaccinations systématiques, un emploi mesuré des antibiotiques, une stimulation naturelle de l'immunité et une flore intestinale intacte sont les clés de la prévention.

       La recherche d'un vaccin est en cours, on sait qu'il est impossible de réaliser un vaccin classique car on n'est pas arrivé à multiplier le circovirus sur cultures de cellules ou sur œufs embryonnés. Par contre, le génome du virus a été décrypté et il est donc théoriquement possible de réaliser un vaccin par " génie génétique ".

 

   Questions

 

 

     Circovirus et vaccin contre la paramyxovirose
La vaccination contre la paramyxovirose est moins efficace chez un jeune immunodéprimé, ce n'est pas le vaccin qui est mauvais mais le pigeon qui est incapable de produire suffisamment d'anticorps. Il est donc important de s'adapter et donc de ne pas vacciner les jeunes trop tôt (pas avant l'âge de 3 mois) .l'idéal serait de leur injecter 2 doses à trois semaines d'intervalle en primo-vaccination.
Pour un apport maximal d'anticorps aux jeunes, le mieux serait aussi de vacciner les vieux 15 jours avant les accouplements.

      Circovirus et corticoïdes :
la cortisone provoque une diminution de la résistance aux infections, le circovirus aussi. Comme de nombreux adultes sont porteurs de circovirus, la cortisone pourrait provoquer l'excrétion de celui-ci.
Donc Cortisone + Porteurs sains=maladie du jeune pigeon.

     Circovirus et Adénovirose
Depuis plus de 2 ans, aucun prélèvement pour rechercher l'adénovirose ne revient positif. Par contre, il y a de plus en plus de prélèvements positifs pour la circovirose. L'Adénovirose aurait-elle disparu ? Je constate quand même sur le terrain que l'utilisation d'immunoglobulines spécifiques de l'adénovirus donne encore de bons résultats surtout pour les diarrhées des jeunes après les premiers concours. Une explication scientifique à tout cela sera peut-être trouvée un jour. 

 

   Conclusion

 

 

     La circovirose est une maladie qui s'attaque au système immunitaire du pigeon et qui se propage très facilement au point d'être devenue la maladie n° 1 du pigeonneau.
L'atteinte du système immunitaire va provoquer l'apparition de plus de maladies et plus souvent, on devra utiliser plus fréquemment des antibiotiques sur des pigeons dont l'organisme coopère moins, on va donc ainsi favoriser l'apparition de germes résistants.

       De plus, l'utilisation de ces médicaments, au départ pour soigner, va perturber la flore intestinale et ainsi l'équilibre général du pigeon.
Le vétérinaire formé en médecine colombophile connaît bien cette maladie et les enjeux du milieu colombophile et sera ainsi capable non seulement d'élaborer le traitement le plus adéquat à votre colonie mais aussi de rééquilibrer la santé des pigeons après traitement.
              

                                                                                                                               

 

Paramyxovirose.

                               Maladie de Newcastle ...

 


 


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

   Cet article va vous résumer  - pour ceux qui n'y étaient pas présents - la conférence que j'ai donnée lors de notre congrès national à Thionville. C'est devant un public très intéressé et connaisseur que, assisté par mon confrère et ami le Docteur Bernard Lefebvre, nous vous avons parlé des connaissances actuelles et de l'état sanitaire sur le terrain pour la maladie de Newcastle. Bernard et moi en avons profité pour souligner la précieuse aide du troisième vétérinaire de notre comité, le Dr Christophe Arnoult dans la gestion de l'épisode de grippe aviaire de juillet 2007.

La maladie de Newcastle bien que bien connue des colombophiles puisque la vaccination est obligatoire, est en recrudescence actuellement dans plusieurs pays européens et nécessite une vigilance de tous les instants de la part du colombophile.
Notre système de vaccination basé sur la bonne foi du coulonneux est la manière la plus économique de lutter contre cette maladie. Il est néanmoins obligatoire de respecter au mieux la réglementation sous peine de devoir comme plusieurs pays étrangers faire réaliser la vaccination par un vétérinaire sanitaire. 

 

Origine.

 


 La maladie de Newcastle ou paramyxovirose est due chez le pigeon à un virus appelé PMV1. Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et d'une contagiosité extrême. II existe différentes souches qui peuvent muter de rune à l'autre ; les souches très virulentes méchantes) appelées vélogènes; les souches à virulence intermédiaire appelées mésogènes et des souches peu virulentes appelées lentogènes.

Il existe aussi des souches à affinités différentes pour les organes, celles touchant préférentiellement les organes respiratoires, on les appellera pneumotropes, touchant préférentielle ment les organes digestifs, on les appellera viscérotropès ou touchant plus le système nerveux; les souches neurotropes. Tout ceci pouvant se combiner d'où la complexité des variations dans les symptômes de cette maladie.

 

Symptômes

 


    Je vais donc vous décrire les symptômes présents dans une maladie classique tout en sachant que ceux-ci selon les souches virales peuvent varier en intensité, en durée ou ne parfois pas être présents.
La paramyxovirose classique commence par des symptômes oculaires et respiratoires ressemblant à du coryza infectieux, ce1;1x-ci durent souvent peu de temps ou ne sont pas remarqués par le colombophile. Ensuite viennent des symptômes digestifs avec l'apparition d'une diarrhée très liquide résistant aux traitements pouvant même parfois durer toute la vie du pigeon. Ces symptômes digestifs peuvent surtout chez le jeune être confondus avec toutes les autres maladies donnant des diarrhées importantes ( circovirose, paratyphose, colibacillose, coccidiose, streptococcus bovis etc), seule une recherche du germe en cause peut différencier ces entérites.

Certaines années, la paramyxovirose se traduit uniquement par des symptômes digestifs, d'autres années ils sont absents.

Puis viennent les symptômes nerveux caractéristiques de la maladie quoique parfois pouvant 
être confondus avec une paratyphose avec atteinte de l'oreille interne. Ils se traduisent par torticolis, paralysies des ailes, des pattes, culbutes, convulsions, troubles de la vue...

La mortalité approchait 100% lors de l'apparition de la maladie au début des années 80, elle est à l'heure actuelle sans traitement d'environ 60% (ceci dépendant des infections secondaires et de l'état immunitaire du pigeon).

 

Traitement ?

 
 

  Aucun médicament ne peut tuer le virus, il faut que le pigeon se débarrasse du virus avec sa propre immunité ; les infections secondaires bactériennes sont fréquentes et des antibiotiques peuvent être utilisés pour lutter contre elles. On peut considérer que 6 à 8 semaines après les premiers symptômes le pigeon est guéri (sauf dans le cas de diarrhées chroniques).

Il est néanmoins important de signaler que cette maladie est une maladie contagieuse légale à déclaration obligatoire avec mise en quarantaine et abattage selon la décision de la DDSV.
 

Prophylaxie.

 
 

    En ce qui concerne la vaccination, deux vaccins ont une autorisation de mise sur le marché pour le pigeon, il s'agit du Colombovac PMV de chez Fort Dodge disponible en flacons de 50 doses et du Nobilis paramyxo de chez Intervet disponible en 80 et 200 doses.

Le Colombovac pmv dispose d'un adjuvant aqueux et est facilement injectable par voie sous-cutanée avec des réactions locales quasi inexistantes.

Le Nobilis paramyxo possède un adjuvant huileux spécifique du pigeon, de par cet adjuvant, il est assez épais à injecter et nécessite l'emploi de seringues et aiguilles adaptées ou d'une seringue automatique, quelques réactions locales sont parfois observées.

Pour la France, légalement, ces deux vaccins doivent être vendus uniquement sur ordonnance vétérinaire avec fourniture par celui-ci d'un certificat d'achat comportant dans sa partie basse une attestation sur l'honneur qui devra être remplie par le colombophile lors de la vaccination et contresignée par un témoin.

La voie sous-cutanée est la voie de prédilection pour la vaccination chez le pigeon de concours, les injections intramusculaires dans le bréchet pouvant provoquer des réactions locales préjudiciables aux performances sportives d'un animal de compétition.

Les vaccins injectables pour poules (Newcavac, Itanew, Imopest) sont encore à ce jour tolérés par la F.C.F. mais donnent une moins bonne immunité et des réactions locales plus importantes, ils ne sont plus admis par les préfectures et sont prescrits sous l'entière responsabilité du vétérinaire prescripteur.
Le vaccin vivant "la Sota " par voie orale et naso-oculaire est interdit.

 

Conclusion :

 
 

   Avec autant de précautions, il faut se demander pourquoi on constate une recrudescence de la maladie. Le Dr Lefebvre et moi avons donné notre avis sur la question. Il ne faut d'abord nullement incriminer la qualité du vaccin, les deux vaccins avec AMM pour pigeon de concours sont parfaitement efficaces. Il est évident que comme pour n'importe quel vaccin l'animal vacciné doit être en bonne santé.

Toute la colonie doit être vaccinée, on voit encore trop souvent des colombophiles qui ne vaccinent que les pigeons qui vont au concours.
Les jeunes de l'année et les tardifs doivent être vaccinés sans retard, beaucoup de colombophiles qui ne participent pas aux concours de jeunes ne vaccinent pas leurs jeunes.

Le circovirus dont quasiment 100 % des jeunes pigeons sont porteurs (statistiques réalisées en Belgique) provoque une baisse d'immunité et pourrait donc être responsable d'une mauvaise efficacité de la vaccination chez les jeunes. Il est donc important de réaliser un rappel de vaccination chez les jeunes 3 à 6 semaines après la première injection pour obtenir une bonne 
immunité.

Le dopage avec des corticoïdes provoque une baisse de l'immunité chez les vieux comme chez les jeunes dont les concours sont de plus en plus prisés.
Ceci peut aussi favoriser la recrudescence de la maladie dont le réservoir se trouve à nos portes chez les colombidés sauvages.

En conclusion, vaccinez tous vos pigeons avec des vaccins spécifiques du pigeon et utilisez les formulaires adéquats fournis par votre vétérinaire de manière à prouver votre bonne foi. 
Ceci est le seul moyen de pouvoir garder notre système de vaccination propre à la France le plus économique pour le colombophile. Je vous souhaite une bonne préparation aux concours 
et un bon début de compétition

 

Trichomonose, coryza, coccidiose

 

              Retour


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

    Vous étiez nombreux le dimanche 22 janvier malgré l'heure matinale à assister à ma conférence et je vous en remercie.
La Grippe aviaire était d'actualité, une réunion était d'ailleurs programmée après mon intervention avec notre nouveau (et ancien) président national, le nouveau vice-président de la 1e région, les Drs Lefebvre et Arnoult, Ing Duchatel et moi-même, il m'était donc difficile d'aborder ce thème avant la réunion.
J'avais donc décidé de vous parler de pathologies de tous les jours rencontrées en routine dans mon cabinet et de la manière de les gérer.
J'ai abordé successivement la trichomonas, le coryza, la coccidiose, les verminoses et l'adénovirose.

 

La trichomonose

 


  Origine
– Trichomonas columbae
* Parasite flagellé peu résistant dans le milieu extérieur 
* Parasite spécifique du pigeon 
   Transmission 
– Lait de jabot, eau de boisson 
  Symptômes chez le pigeon adulte
* Adultes souvent porteurs asymptomatiques
* Baisse des performances 
* Gorge enflammée - glaireuse
* Parfois 
– Animaux qui digèrent mal, boivent beaucoup, fientes liquides 
  Symptômes chez le jeune pigeon 
* Lésions caséeuses jaunâtres
– Bouche, palais, pharynx, base de la langue
* Abcès 
– Œsophage, jabot
* Abcès dans de multiples organes 
- Poumons, foie, base du coeur
* Jusqu'à
– Prise en masse totale de l'abdomen et du thorax 
  La trichomonose ne reste jamais seule 
Elle prépare le terrain à :
* Coryza, ornithose, variole, pasteurelles, mycoplasmes
  Diagnostic
* Frottis de gorge 
Analyse microscopique
  Traitement 
* Tuer les parasites 
– Ronidazole 
– Dimetridazole 
* Traitements réguliers
– Avant les accouplements, à la couvaison, en période de jeu 
– Eviter les traitements trop fréquents (intérêt de l'utilisation d'acides faibles 2 à 3 jours par semaine)
– Utilisation préférable du ronidazole dans l'aliment étant donnée sa précipitation rapide dans le fond des abreuvoirs
* Hygiène des locaux
* Désinfection de l'eau de boisson 
 

Le Coryza

 


   * Origine
– Pigeon Herpès Virus 1 (PHV1), spécifique du pigeon 
 * Transmission
– Tous les pigeons sont porteurs, transmission par le gavage les premiers jours de la vie 
* Le Pigeon devient porteur asymptomatique 
* Le Virus provoquera la maladie si
– Affaiblissement du pigeon 
* Fatigue - stress, promiscuité, mauvaise aération des locaux 
* Maladie (tricho - cocci- vers -paratyphose etc...)
 Symptômes aigus
* Conjonctivite, éternuements, morilles sales, écoulement nasal, fente palatine enflammée jusqu'à fermeture, inflammation de la muqueuse buccale, hypersalivation, amas glaireux à la base de la langue, sinusite, inflammation du larynx avec foyers nécrotiques blanchâtres 
Passage dans le sang possible pouvant provoquer une hépatite aiguë
 Symptômes subaigus et chroniques
* Préparation du terrain pour la multiplication des trichomonas
* Complications bactériennes rapides 
– Pasteurelles
– Mycoplasmes-Streptocoques
– Evolution vers la maladie respiratoire chronique (crd), complications de pneumonie et d'aérossacculite 
 Diagnostic
* Facile mais difficulté de différencier les maladies respiratoires qui viennent compliquer
* ? Ornithose = mortalité élevée dans la forme aiguë - recherche de chlamydia sur écouvillon conjonctival
* ? Variole (forme diphtéroïde )= association de formes cutanées dans l'élevage
* ? PMV1 = forme respiratoire brève 
 Traitement 
* Le virus ne peut être tué, on doit faire le nécessaire pour que le pigeon l'élimine par ses propres moyens de défense
* 4 points à respecter 
Éliminer toutes les maladies associées, éliminer les circonstances favorables à l'apparition de la maladie, traiter les complications, prévention (contrôles réguliers) 

 

La Coccidiose

Ci-dessous : Ookystes de coccidies / fientes

* Origine
– Eimeria columbarum
– Eimeria columbae
– Eimeria labbeana
– Organisme unicellulaire
– Spécifique du pigeon 
 * Transmission
– Fientes
* Alimentation ou eau de boisson souillées
* Cycle
* La sporulation nécessite humidité, oxygène, t° adéquate 
* Une reproduction asexuée suit la sporulation
* La reproduction sexuée vient ensuite avec production d'un ookyste qui va être éliminé dans le milieu extérieur et va devoir sporuler pour être infestant (et le cycle recommence)
 Symptômes
* Forme aiguë 
– Surtout jeune pigeon, diarrhée verdâtre parfois hémorragique, amaigrissement rapide et important, mortalité élevée 
* Forme subaiguë
– Amaigrissement, retard de croissance, plumes marquées, déviation du bréchet
* Forme subclinique
– Passage à forme aiguë ou subaiguë possible
– Pigeons porteurs d'autres maladies 
 Diagnostic
* Analyse microscopique
* Importance du nombre d'ookystes dans l'analyse
 Prévention et traitement 
* Privilégier l'immunité naturelle du pigeon, analyses de fientes régulières, traitement si symptômes et nombre d'ookystes suffisants dans les fientes, ne jamais traiter préventivement 
* Suppression de l'immunité naturelle 
* Sélection de germes résistants 
* Hygiène 
* Sulfamidés en traitements courts pour éviter résistances 

 

Les "poquettes" !

                                ...


   


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

    Cette saison , j’ai rencontré beaucoup plus de cas de variole que les autres années avec un pic entre la mi et la fin août.
Il est donc intéressant de vous remémorer la maladie et sa prévention. 

 

 

Origine

 


  L’agent responsable de la maladie est un virus nommé Pigeon Pox Virus .
Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et peu sensible aux désinfectants courants.

   En ce qui concerne les Pox Virus en général , ce sont des virus à ADN et il faut noter que ceux-ci sont couramment employés après atténuation dans la fabrication de vaccins vivants pour animaux et humains (canari pox , cow pox ea ) et pour certains traitements de par leur capacité à se répliquer dans le cytoplasme des cellules infectées sans besoin de matériel de l’hôte. 

 

Propagation

 


 

      La transmission de la maladie nécessite une lésion cutanée ou muqueuse. Des érosions cutanées sont très fréquentes lors de bagarres dans les paniers ou lorsque les pigeons se grattent. Des lésions de muqueuses sont souvent rencontrées lors de trichomonose.

     La transmission de la variole se fait aussi via des insectes piqueurs tels que les dermanysses et les moustiques.

 

Symptômes

 

    La période d’incubation varie de 4 à 12 jours.
Le virus se multiplie d’abord à l’endroit d’inoculation puis passe dans le sang avec parfois chez le pigeon une hausse de la température corporelle, survient ensuite l’éruption correspondant à l’apparition des lésions cutanées et muqueuses.

   Sur le plan clinique , on distingue deux formes qui peuvent parfois être associées sur un même individu ,
- une forme cutanée localisée la plupart du temps à la tête ( parfois aux pattes) qui se caractérise par l’apparition de lésions verruqueuses appelées poquettes au niveau des paupières , de la commissure de l’œil ou du bec , des morilles , des oreilles et
- une forme « muqueuse » appelée forme diphtéroïde caractérisée par l’apparition de lésions jaunâtres fortement adhérentes au niveau de la muqueuse buccale , du palais , de la langue , du pharynx et du larynx. 

 

Traitement

 


    Cette maladie guérit spontanément en 3 à 4 semaines, entraîne rarement des mortalités mais peut provoquer chez certains pigeons des délabrements importants ( chute du bec , lésions oculaires irréversibles …) .
Elle est souvent aggravée par des germes compliquants qui en profitent pour se multiplier (apparition fréquente d’abcès à trichomonas , complications bactériennes…)
Les pigeons atteints ne peuvent pas être enlogés et sont donc « en arrêt de travail » pendant au moins 3 semaines .

    En ce qui concerne le traitement, il est important de consulter un vétérinaire spécialiste qui recherchera les agents compliquants responsables d’infections secondaires. Ceci vous évitera de nombreux désagréments, la guérison des pigeons sera accélérée et ceci vous permettra de rejouer les pigeons plus rapidement.

 

Vaccination

 
 

    La prophylaxie est basée sur une vaccination annuelle. Beaucoup de colombophiles pensent à tord que lorsque le pigeon a fait la maladie, il est immunisé à vie.
Il y a des années où l’on ne rencontre pas de variole et d’autres comme cette année où la maladie se répand comme une épidémie. Ceci est dû à un relâchement de la vigilance des colombophiles qui ont tendance à oublier la variole.
La vaccination est recommandée en février, mars ou avril (pour les joueurs de grand fond) et peut être réalisée à partir de l’âge de 6 semaines mais étant donné le fort pourcentage de pigeonneaux porteurs de circovirus , je ne recommande aucun vaccin avant l’âge de 3 mois.
Il est important de vacciner des oiseaux en bonne santé, un bilan sanitaire de vos pigeons est fortement recommandé.

    Deux types de vaccins sont sur le marché, un vaccin injectable par vois sous-cutanée (Colombovac pox nd) et un vaccin employable par la méthode folliculaire de vaccination (Ovoperisterin nd) .
En ce qui concerne le vaccin injectable, il est séduisant de vacciner contre la variole en même temps que la vaccination obligatoire contre la paramyxovirose . D’après mon expérience personnelle en clientèle et au vu de l’épidémie de poquettes de cette année, je peux vous dire que cette vaccination appliquée seule ne protège pas votre colonie à 100 %.
Le fabricant nous assure une très bonne protection mais j’ai rencontré des pigeonniers où quelques pigeons présentaient des poquettes malgré cette vaccination. Les pigeons avaient-ils été correctement vaccinés ou y avait-il un manque d’efficacité de ce vaccin ?
J’ai néanmoins pu constater que dans une colonie vaccinée avec Colombovac pox moins de pigeons étaient atteints que dans des pigeonniers non vaccinés.

    Le vaccin commercialisé pour le pigeon par la méthode folliculaire est Ovoperisterin nd .
Il faut arracher quelques plumes à la face interne de la cuisse , gratter légèrement la peau jusqu’à l’apparition d’une légère rosée sanguine puis brosser le vaccin avec le pinceau fourni.
Un petit gonflement apparaît 72 h après la vaccination, c’est la preuve que le vaccin a bien été inoculé. Ce gonflement n’apparaît pas chez les pigeons qui ont déjà été vaccinés.

    La France n’est pas un pays rentable pour les producteurs de médicaments colombophiles, je vous ai donc cité là deux vaccins indisponibles en France.
Le Colombovac Pox n’a pas d’autorisation française de mise sur le marché, il ne peut donc pas être employé légalement pour vacciner les pigeons contre la paramyxovirose .
L’Ovoperisterin nd n’est pas disponible en France et d’après mes renseignements, ne serait plus en vente en Belgique .

    Nous avons donc dû nous adapter et cela fait plus de 10 ans que je prescris un vaccin pour poules ( Variole W nd ) . Dans ma propre clientèle , je n’ai rencontré aucun cas de variole dans les élevages colombophiles vaccinés avec ce vaccin .
Par facilité pour le colombophile, je recommande une adaptation de la méthode folliculaire classique : je fais gratter avec une petite aiguille à insuline au niveau de la membrane de l’aile, endroit dépourvu de plumes (ne pas employer le gros stylet à 2 pointes fourni pour les poules avec le vaccin).

    Il est important en outre de lutter contre les insectes piqueurs ; un pox virus peut vivre 300 jours dans un dermanysse. Il faut traiter à la fois les pigeons et l’environnement.

 

Conclusion

 
 

    Il ne faut en aucun cas relâcher la vigilance en ce qui concerne la variole et vacciner tous les ans même si il n’y a pas eu de cas l’année précédente.
Retenez aussi qu’aucune vaccination n’est efficace si le pigeon n’est pas en bonne santé.




 

Afficher la suite de cette page



Créer un site
Créer un site